Saturday, August 13, 2022

Arcahaie:Quand des marchands se font bastonner sur l’ordre d’une mairesse

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Arcahaie:Quand des marchands se font bastonner sur l’ordre d’une mairesse
Arcahaie:Quand des marchands se font bastonner sur l’ordre d’une mairesse

Arcahaie-COVID-19: Les droits des uns s’arrêtent là où ceux des autres commencent. Ce principe trouve aussi bien place maintenant, au moment de cette crise provoquée par le Coronavirus. Il y a des moments où l’intérêt collectif doit primer sur l’intérêt personnel, mais cela doit se faire sans aucun abus et excès de pouvoir. Dans le cas contraire, c’est inacceptable. C’est le cas de Rose Mila Petit-Frère, mairesse de la commune de l’Arcahaie, qui a donné l’ordre aux agents de CIMO de fouetter les marchands-es de pèpè.  Un acte qui suscite beaucoup de  colères et d’indignations chez les marchands-es. La mairesse, à travers cette décision,  a bafoué les droits des marchands-es qui cherchent par tous les moyens à inventer la vie.

Toutefois, nous avons approuvé les actions du gouvernement sur les mesures de confinement pour sauver des vies ainsi que d’éviter la propagation massive du Coronavirus. Il est clair que la vie humaine doit primer. Il est évident que l’on est en face d’une pandémie mondiale qui cause des milliers de morts et qui pourrait en causer beaucoup plus, si on ne prend pas les mesures nécessaires pour limiter . En effet,  on  nous suggère  de rester  chez   nous  pour le bien-être  de nos proches et de nous-mêmes ; on interdit les rassemblements, par ce que le virus se repend rapidement dans la foule. Ce qui arrive c’est que pour beaucoup, se confiner sans avoir des produits de première  nécessité, n’est pas une mince affaire,  c’est accepter en quelques sortes de mourir de faim.

Depuis que  le gouvernement haïtien  a déclaré  l’état d’urgence sanitaire le 20 mars 2020, avec la confirmation de deux cas de Covid-19, la mairesse Petit-Frère a interdit aux marchands de pèpè d’exposer ses affaires au marché. Refuser de mourir de faim avec leur famille sur la base du confinement, ces  vendeurs-euses  ont brisé  les règles. De ce fait, la mairesse accompagnée des agents CIMO, de polices municipales, va au marché tous les mercredis et samedis pour inspecter. Ainsi, madame Jovin, âgée d’une quarantaine d’années s’est  fouettée par les autorités sous l’ordre de la mairesse.  Justement, puisqu’elle a été contrainte par la misère  à  sortir de chez elle pour inventer des formules afin d’assurer sa survie. Une  situation qui n’est pas différente de beaucoup d’autres Haïtiens. Les actes des agents de l’ordre qui ont molesté la dame  ont suscité tout un scandale au marché. Selon certains témoignages recueillis auprès des autres marchands-es, la femme a pleuré comme une enfant sous l’effet des coups de fouets. Très  honteuse, elle n’ose pas de parler à personne de ce sujet. 

   Madame Jovin a été, par ailleurs,  victime d’abus d’autorité de la mairesse. Si on vote  des maires c’est plutôt pour les servir, mais ce n’est pas ni pour les faire fouetter,  ni pour les déshumaniser encore en public, parce qu’elle cherche de quoi à vivre  justement.  En tant qu’agent de l’Etat, le rôle de Rose Mila Petit-Frère est de servir la communauté archeloise de les sensibiliser sur la dangerosité de la pandémie. Elle ignore encore cette maxime disant qu’être autorité, quelqu’un qui, avant d’être  celui qui commande, est celui qui réfléchit, juge et décide  pour le bien des autres. Et, dans un article  publié dans la Rubrique  Les questions que l’on se pose, il est écrit  que  l’autorité  est la capacité  de se faire obéir avec le consentement de celui qui l’obéit. L’idéal  est d’obtenir cette obéissance sans menace et de ne l’exercer que dans le but de sécuriser. Car, le vide d’autorité engendre  vite l’affolement et le désarroi (…), l’autorité nous autorise à être et à  faire être  ceux qui nous sont proches. D’où l’autorité bien comprise et bien exercée devient service. Ce qui montre que la mairesse  ne fait pas preuve de légitimité de son autorité. Ces détaillants doivent chercher le soutien des organisations qui défendent les droits de l’homme.  Le ministère de l’intérieur devrait intervenir dans cette situation où les agents municipaux et CIMO ont battu ces petits-es commerçants-es sous les ordres de la mairesse par ce qu’ils cherchent à se nourrir ainsi que leur famille.

Nul n’est au dessus de la loi.  Servant à contrer un danger pour le pays et sa population, une menace imminente les lois sur la santé  publique, la loi sur la quarantaine, la loi sur les mesures d’urgences donnent beaucoup de pouvoir aux autorités sanitaires en temps de crise. Quoiqu’il arrive, il faut les appliquer de manière à ce que ce soit moins contraignant.  Comment les gens pourraient-ils accepter de  rester chez eux pendant qu’il n y a rien à  manger et à boire ?  Entre mourir de faim et mourir de la Covid-19 ou se faire fouetter, ils font le choix du second. Car, ils ne cessent d’aller au marché  jusqu’au moment la mairesse abandonne, se déresponsabilise.  Par conséquent, le refus d’être  confiné, entre autre, est la part de responsabilité du gouvernement avec la misère qu’il ne sait pas combattre.

Jero Marie Scolastique PIERRISTIL

 

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