Saturday, October 23, 2021

HAITI PATRIMOINE : L’autel de la patrie à nouveau restauré

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Cet article constitue la deuxième partie du précédent intitulé l’Histoire de l’autel de la patrie. Notre illustre journaliste Adyjeangardy nous aide à comprendre les efforts consentis au fil des années par les autorités pour garder intacte la mémoire des pères fondateurs de la patrie. Sa lecture ou sa relecture vaut son pesant d’or…

 

Après le nettoyage et la restauration de l’AUTEL DE LA PATRIE, qui apporte la prospérité et le calme au pays, le président Lysius Félicité Salomon Jeune, le 30 avril 1885 fait appel à Un secrétaire général du Palais, Etienne Charles Laforesterie, Un ancien Ministre et fondateur de la Banque Nationale en vue de lui confier l’AUTEL DE LA PATRIE, qui dépend du Palais, qu’il fait ensuite nettoyer régulièrement au moins 5 fois par an.

 

Laforesterie, assisté du général Louis Valbrun père, établit ensuite, d’ordre du chef de l’Etat, Un polygone en maçonnerie de deux mètres de haut, entouré d’une balustrade en fer forgé. Puis Florvil Hyppolite construit deux larges escaliers en pierre avec des rampes métalliques qui donnent accès à L’AUTEL DE LA PATRIE. Près du monument, il conserve un mât au bout duquel flotte le drapeau national.

Ce mausolée est surveillé par des soldats qui empêchent les visites pour y jeter des détritus et qui sert de lieu civique pour les cérémonies   officielles, les   gerbes   de   fleurs   et   proclamations patriotiques.

A la mort du chef de l’Etat le 24 Mars 1896, il devient normal que feu le président Florvil Hyppolite y soit aussi enterré dans un caveau officiel en présence de tous. Le 21 décembre 1902 le président Nord Alexis y prête serment et fait installer sur place une grande statue d’Alexandre Pétion en 1803. De Nord Alexis à Louis Borno, l’AUTEL DE LA PATRIE bénéficie de remarquables embellissements.

 

L’AUTEL DE LA PATRIE ET LES PERILLEUSES RENOVATIONS DE LOUIS BORNO

Dès son accession AU pouvoir, le président Louis Borno décide de rénover l’AUTEL DE LA PATRIE où il prête serment.

Les   autorités   militaires   américaines   exigent   de   rouvrir   les cercueils de l’AUTEL DE LA PATRIE pour voir ce qu’il y avait dedans. Pour y parvenir, le 5 Janvier 1924 Borno fait exhumer les dépouilles   de   Pétion et   de Riché, par   l’entreprise funéraire Sydney Paret en présence des membres des trois pouvoirs de l’Etat et des autorités étrangères de l’occupation, en dépit des attaques de la presse qui qualifie ses intentions de périlleuses, dictées par l’occupant américain qui veut voir ce que les haïtiens cachent    à l’intérieur des cercueils de l’AUTEL DE LA PATRIE.

Ils s’attaquent d’abord au cercueil de Pétion dont le couvercle tient à peine Ils découvrent Un sarcophage en plomb contenant des ossements recouverts de chaux vives ; un crâne en bonne condition et un squelette avec des mâchoires solides pleines de dents.

Borno fait placer les restes de Pétion dans Un coffret en acajou, doublé de zinc totalement et il demande à le déposer dans un corbillard en direction de l’ancienne cathédrale.   Là, le curé célèbre une messe de requiem au nom du fondateur de la République, avant d’expédier le coffret en direction du cimetière Sainte Anne.

Dans l’enceinte de l’Eglise Sainte Anne, le père Benoit se montre superstitieux, le français prétexte vouloir y célébrer Un mariage et argumente que le fondateur de la République n’a jamais voulu être enterré dans ce cimetière.

Le président Borno persiste et signe, estimant que les raisons de père Benoit sont insuffisantes.

Il insiste et obtient après concertation que Pétion soit placé à la Sacristie de l’Eglise, en attendant l’arrivée de Dessalines.

Le président Louis Borno promet de ramener Pétion à l’AUTEL DE    LA    PATRIE    après    les    travaux    de    restauration    et d’embellissement qui doivent durer un an.

 

LES CERCEUILS DE L’AUTEL DE LA PATRIE

Le cercueil du président Riché se trouve aussi excavé, ses restes bien     conservés      dans      des      habits      militaires      galonnés méconnaissables avec un bandeau noir sur le crâne vers l’œil droit et la vieille constitution de 1846 jaunie entre les mains.

A L’AUTEL DE LA PATRIE est aussi ouvert pour la première fois le cercueil en   marbre de   Célie Pétion montrant   Une   épée au-dessus avec un corps embaumé bien conservées, un crâne toujours en bon état, ainsi que les cheveux, Un suaire épais sur le squelette couvert de tissus en lambeaux.

Borno crée Une Commission de l’AUTEL DE LA PATRIE qui le met en garde contre la création d’Un autre Panthéon. Le 30 décembre 1925 Borno qui promet de respecter la place de l’AUTEL   DE   LA   PATRIE   comme   unique   panthéon   de   la république, sans rejeter l’idée d’Un musée, exige d’enlever enfin les cendres de Dessalines AU cimetière Ste Anne près de Charlotin Marcadieu et de l’emmener aussi à la sacristie.

Malgré de multiples efforts, la manœuvre dans Un délai de 24h prévues à cet effet ne réussit point, en fonction de nombreuses difficultés rencontrées pour ouvrir le caveau hermétiquement scellé de Dessalines, érigé depuis 1892 par le président Hyppolite.

Finalement, le 31 Décembre il est mis à jour.  Une planche en acajou de 80 centimètres de long, les autres planches du cercueil en bois ayant été pourries sous terre. On retrouve alors également le crâne défoncé de Dessalines, suite à un coup de marteau, quelques dents à la face et des cendres issus des os mêlées a de la terre sèche.

Le   lendemain, l’Archevêque   de   Port-au-Prince, après   de multiples signes de la croix, estime avec le père Benoit que la sacristie de l’Eglise ne peut trop longtemps conserver de tels coffrets et fait placer les coffres provisoirement dans le grand caveau de la famille Louis Benjamin.

Le ministre des finances et historien Auguste Magloire prononce en cette circonstance, devant la cave, Un discours mémorable. Le gouvernement décide de placer Dessalines, le fondateur de la nation à l’AUTEL DE LA PATRIE près de Pétion, le fondateur de la République, suite à Une décision de Borno.

 

LAUTEL DE LA PATRIE RECONSTRUITE

L’architecte  Léonce   Maignan   qui   dessine   le   Palais   National réserve Une seule salle AUX deux hommes, avec quatre coins ou quatre  horizons  ,  de  spacieuses  allées,  quatre  palmistes  de  la République,  des  pelouses  vertes  des  plates-bandes  aménagées avec des fleurs et des roses de qualité et Un grillage clôturant  à l’Est    les  abords  du  Champ-de-Mars,  au Nord,  le  Palais  des Ministères, à l’Ouest, la rue du Champ de Mars conduisant à  la mer et au Sud du Palais de Justice .

Il porte sur un socle bâti sur deux degrés, l’ancien cercueil de Pétion, en marbre blanc, cette fois à double chambre où il fait déposer les cendres ayant appartenu à Jean Jacques Dessalines le fondateur de la nation et les dépouilles d’Alexandre Pétion, le fondateur de la République. Maignan entoure de quatre escaliers le monument, cette fois avec des rampes en béton.

Le 2 Janvier 1926, les coffres sont scellés en présence des membres de la commission de l’AUTEL DE LA PATRIE.  Ils apportent les deux petits coffrets en acajou, doublés de cuivre à l’intérieur, ayant chacun 36 pouces de longueur, 11 mètres de largeur et 14 mètres de haut.  Sur un coffret le nom de Dessalines et dans L’autre celui de Pétion.  Le président de la Commission, Antoine Audain exige d’insérer dans chaque coffret des Epaulettes et des Etoiles d’argent sans écrire les titres de généraux, d’empereur où de président pour les deux hommes, laissant les noms sur le mausolée dans leur simplicité comme modèles.

 

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